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Les baumes d'Alazia

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17 janvier 2007

La charte des droits personnels

La charte des droits personnels
1. J’ai le droit de demander pour ce que je veux.
2. J’ai le droit de dire non aux exigences et aux demandes que je ne peux combler.
3. J’ai le droit d’exprimer tous mes sentiments, positifs ou négatifs.
4. J’ai le droit de changer d’avis.
5. J’ai le droit de faire des erreurs et je n’ai pas besoin d’être parfait(e).
6. J’ai le droit de suivre mes valeurs personnelles et mes références.
7. J’ai le droit de dire non à quoi que ce soit lorsque je sens que je ne suis pas prêt(e), si c’est inconfortable ou si cela ne correspond pas à mes valeurs.
8. J’ai le droit de déterminer mes priorités personnelles.
9. J’ai le droit de ne pas me sentir responsable pour les actions, les sentiments ou les problèmes des autres.
10. J’ai le droit de m’attendre des autres qu’ils soient honnêtes.
11. J’ai le droit d’être en colère contre une personne que j’aime.
12. J’ai le droit d’être moi-même de façon unique.
13. J’ai le droit de me sentir effrayé(e) et de dire « j’ai peur ».
14. J’ai le droit de dire « je ne sais pas ».
15. J’ai le droit de ne pas justifier mes agissements.
16. J’ai le droit de prendre des décisions selon mes sentiments.
17. J’ai le droit de m’amuser et d’être joyeuse.
18. J’ai droit à mes besoins personnels en matière d’espace et de temps.
19. J’ai le droit d’être plus en santé que ceux qui m’entourent.
20. J’ai le droit de vivre dans un milieu non abusif.
21. J’ai le droit de me faire des amis et d’être à l’aise lorsque je suis entouré(e) de gens.
22. J’ai le droit de changer et de grandir.
23. J’ai droit au respect des autres quant à mes besoins et désirs.
24. J’ai le droit d’être traité(e) avec dignité et respect.
25. J’ai le droit d’être heureux(euse).

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17 septembre 2006

Qu'est-ce que manger de façon normale?

Manger de façon normale, c'est avoir faim lorsque l'on s'assoit à table, et manger jusqu'à ce que l'on soit rassasié. C'est être capable de choisir les aliments que l'on aime et en manger à sa faim, et non simplement s'arrêter parce que l'on croit que l'on devrait.
Manger de façon normale, c'est être capable de penser à sa sélection des aliments afin de manger des aliments nutritifs, sans toutefois s'imposer de restrictions au point de ne pas pouvoir profiter d'aliments agréables.
Manger de façon normale, c'est se donner la permission de manger, parfois parce que l'on est heureux, parfois parce que l'on est triste ou ennuyé, ou simplement parce que ça fait du bien.
Manger de façon normale, c'est manger trois fois par jour, ou quatre ou cinq, ou être de grignoter tout au long. C'est laisser quelques biscuits dans l'assiette parce que l'on sait que l'on pourra en manger encore demain, comme c'est en manger plus maintenant parce qu'ils sont si délicieux.
Manger de façon normale, c'est parfois trop manger, se sentir bourré et inconfortable. Et ça peut être manger trop peu des fois, et en désirer plus.
Manger de façon normale, c'est faire confiance à son corps dans sa capacité de réparer les erreurs face à l'alimentation.
Manger normalement requiert temps et attention, mais n'a sa place que dans une seule sphère importante de la vie. Bref, manger de façon normale, c'est faire preuve de flexibilité. Ça varie selon la faim, l'horaire, la proximité de la nourriture et les émotions.
Voici un document qui m'a été d'un grand secours, au moment de réintégrer certains aliments. Aussi avec le Guide alimentaire canadien, j'avais en main ce qu'il fallait pour me sentir en confiance quant aux portions, aux valeurs nutritionnelles, etc.

16 mai 2006

C'était il y a un an

Il y a un an cette semaine, le 16 mai dernier, nous nous séparions après huit mois d'union. Un mois plus tard, j'en faisais un billet. Vous souvenez-vous de cette soirée et de celles qui l'ont précédée? Quel souvenir le plus précieux en gardez-vous? Peut-être avons-nous le même? Vous arrive-t-il d'y penser? Encore aujourd'hui, je garde en moi trois moments clés issus de ces huit mois de confidences, de rires, de larmes, d'amour et de déchirements.

Premier moment clé
Tania parle doucement, nous invite à la détente et à tendre l'oreille. Nous sommes étendues les unes contre les autres, prêtes à accueillir ce qui s'en vient, ce que nous sommes sur le point de découvrir en nous, mais nous sommes apeurées de ne rien y trouver, de faire face au vide. La musique commence. Sinead émet quelques sons; j'entends des enfants qui rient. Je revis maintenant le moment d'alors tant son souvenir est frais dans mes pensées; il ne me manque que vos mains à serrer. Ce jour-là, j'ai senti en moi cette présence, cette chose qui m'habite, qui dort, qui prend soin de moi, peu importe ce qui se passe dehors. Cette chose, ce tendre velours me protège, me connait, m'aime. Ce jour-là, j'ai eu confiance que tout allait bien aller.

Deuxième moment clé
La thérapie par la musique m'a beaucoup fait réagir. J'en sens encore les effets et, aujourd'hui même,  j'y ai recours. Je ne pourrais trouver meilleur exemple pour illustrer ce propos que mon écoute quasi hebdomadaire encore de ce morceau. Il symbolise pour moi nos huit mois : That I would be good, de Alanis. Dans cette chanson, dans ces paroles, tout y est pour moi. Tout est dit, il ne reste plus rien après. Assises par terre les yeux fermés, nous formons un cercle, je me souviens. Les paroles entrent en moi comme une vague énorme, plus forte que tout le mal. Une vague envoûtante, qui déchire le voile qui me cache. Je suis bonne, quoi qu'il arrive. Je suis bonne, même si je prends dix livres. Je suis belle, quoi qu'il arrive. Je suis belle, même si ma chevelure se fait fugitive. Quoi qu'il arrive.

Troisième moment clé
Moment critique s'il en est un. Celui-là m'a marquée à vie. Il représente un tournant dans ma thérapie. À mon arrivée ce soir-là, je n'en pouvais plus de garder toute cette laideur en moi. Je n'avais plus d'autres choix. Aussi ai-je prononcé les mots laids, honteuse. Honteuse de mon geste. Honteuse de ce qu'il aurait pû causer. Honteuse même d'être encore là pour pouvoir en parler. Et je vous ai présenté mes excuses parce que je vous crachais toute cette laideur. Et c'est toi, Claudie qui, sans me quitter du regard, avec moi, près de moi dans mon univers noir, sans t'en éloigner malgré son emprise, sa douleur, m'as dit que nous n'étions pas ici pour parler des belles choses... En quelques mots simples, tu as réussi à sauver la naufragée que je m'apprêtais à devenir. J'ai senti ta main me secourir. Et je la sens toujours. Les autres aussi.

19 mars 2006

Un petit pas pour n'importe qui d'autre

Je me suis toujours dit que le jour où je réussirai à mettre un bâton dans les roues de ma routine sans broncher, je pourrai commencer à croire qu'Ana s'en va. Définitiviment. Ma structure résiste encore et protège jalousement sa rigidité. Petit à petit, par contre, je me risque à emprunter des détours imprévus et à m'aventurer sur le fameux terrain glissant: les aliments unsafe, ou insécurisants (aliments associés à différentes émotions ou  éléments psychologiques négatifs. Aliments qui, bien entendu, diffèrent d'une personne à l'autre. Personnellement, je n'ai mangé ni pain ni féculent, entre autres, pendant plus d'un an, et j'ai éprouvé beaucoup de difficulté à les réintégrer. Pour ma grande copine, ce sont le fromage et le chocolat qui lui ont fait faire le plus de cauchemars). Dernièrement, je les apprivoise, ma foi, assez bien, quoique le trouble me les rappelle parfois au fil de la journée. Je n'agis plus en fonction des propos d'Ana, mais sa présence continue de me tourmenter à l'occasion.

Je l'ai dit à mon médecin: c'est pas parfait. Avec la bouffe, c'est pas une histoire d'amour au beau fixe, malgré les apparences. Mais cette passion pour la cuisine n'est-elle justement pas un symptôme archiconnu? Mais, la passion est là pour vrai. C'est vrai que j'aime découvrir, faire des expériences de saveurs, d'odeurs, etc. Je goûte et mange maintenant de façon bien plus variée qu'avant, c'est vrai aussi. Ah! C'est complexe tout ça. Je ne saisi pas systématiquement pour quelles raisons je démontre tant de réticente envers certains plats et que je ne jure que par d'autres.

Cela dit, je fais des pas. De petits pas, sinon pas de pas du tout, pour n'importe qui d'autre. De grands pas pour l'anti-ano en moi. Et des pas vachement représentatifs d'un plus grand bien-être qui se pointe à l'horizon. Des exemples? Au restaurant, j'attends mon plat qui tarde à venir; je meurs de faim et sur la table comme seule option, de moelleuses tranches de pain blanc unsafe qui me font de l'oeil. J'hésite (là, la voix du trouble), puis j'en savoure une (là, ma voix). Un grand pas pour moi qui ne me permets que du pain brun depuis le retour de mes amis les féculents. Un autre? Ce matin, une copine et moi sommes au resto. Avec un soupçon d'insatisfaction à l'esprit, je m'apprête à choisir l'éternelle et rassurante assiette de rôties au fromage. Ah! Et puis merde! 15 minutes plus tard, me voilà flanquée de deux pancakes aux pommes, cannelle et fromage. Ça, dans le jargon anti-ano, c'est ce qu'on nomme un pas de GÉANT! ÉNORME! HUGE!

Chaque fois que je franchis ces pas de géant, je m'accorde une minute de réflexion. Une minute de félicitations intérieures bien méritées. Ces occasions d'introcélébration se présentent surtout en compagnie d'autres personnes qui n'ont aucune idée de ce qui se passe, et qui comprendraient sans doute difficilement l'ampleur que je donne à ces petits bonheurs... Quoique j'ai lu beaucoup de compréhension dans les yeux de ma copine au moment de la victoire contre les pancakes de ce matin. Merci. Mais quand même, la fierté est bien à moi, et je la chéris comme le trésor dont on a tant rêvé et qu'on a trop longtemps cherché.

17 mars 2006

Billets thérapeutiques

Que vous viviez seule, chez vos parents, avec votre amoureux ou des colocataires, les chances sont que vous disposez chez vous d'un ou de plusieurs endroits intimes auxquels vous êtes la seule à avoir accès. Vous les avez sans doute aménagés et décorés selon vos goûts et avec soin. Vous les considérez comme de véritables refuges ou coffre aux trésors...

Que diriez-vous d'ajouter à leur utilité une saveur thérapeutique? Pour ce faire, vous n'avez besoin que d'un bloc de languettes adhésives assez larges et d’un brin d’imagination et de créativité positives. Écrivez une phrase encourageante ou un compliment par languette et collez vos créations un peu partout dans vos endroits privés. Chaque fois que vous en voyez une, prenez le temps de répéter ce que vous y lisez. Plus votre esprit assimilera la pensée positive, plus votre humeur changera pour le mieux!

Peut-être vous creuserez-vous les méninges à la recherche de vos qualités? J’avoue que ce n’est pas toujours facile… Histoire de vous guider un peu, voici plusieurs idées répertoriées par la Clinique Baca auprès de personnes comme vous et moi, qui ont eu recours à cette technique :

Je suis belle, capable et digne d’être aimée.
Je suis une personne qui a une grande valeur.
Je m’apprécie et je m’aime.
Ma vie se déroule parfaitement.
Je peux m’offrir à moi-même autant d’amour qu’aux autres.
Je peux vivre une vie enrichissante, excitante et créative.
Mon amour provient de moi-même.
Je suis capable de maîtriser mes peurs, une à la fois.
L’amour est plus important que le travail et la performance.
Je fais ressortir ce qu’il y a de meilleur chez les autres et en moi-même.
Je m’aime quand j’ai besoin de me sentir aimée.
Je peux me pardonner instantanément, car il est normal de faire des erreurs parfois.
Je peux accepter l’imperfection.
Je fais toujours de mon mieux.
J’apprends à profiter du moment présent.
Je peux accepter le passé et accueillir l’avenir.
J’ai besoin de me sentir bien.
Je suis belle telle que je suis.
J’apprends à réaliser à quel point ma vie est importante.
Je suis tout ce que j’ai besoin d’être.

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19 février 2006

L'anorexie dans Le Devoir

J'entre à la Maison de la presse hier en début de soirée, à la recherche d'une bonne revue, d'une lecture de détente. En approchant l'étalage de journaux, mon oeil arrête aussitôt sa trajectoire sur Le Devoir. À la une: L'anorexie frappe au primaire. Un titre qui fesse fort, qui fait mal. Mon coeur se resserre.

Mais en entendre parler de nouveau me soulage. Ça me soulage qu'on ne cesse de vouloir comprendre. Parce que s'il existe une maladie mentale incomprise, c'est bien l'anorexie et les troubles alimentaires en général. La preuve:  l'article mentionne son apparition à un âge de plus en plus précoce. Quand on cesse de vouloir s'alimenter à huit ans, on ne parle plus de symptômes liés exclusivement à l'adolescence. Il faut bien se rendre à l'évidence. La majorité de la population considère l'anorexie mentale comme une obsession de la minceur due aux pressions sociales et aux critères de beauté véhiculés dans la publicité et les revues de mode. Or, l'anorexie, pour moi et je soupçonne pour bien d'autres victimes, trouve son origine ailleurs que dans cette cause facilement identifiable.

Il me contrarie souvent de voir que les gens n'arrivent pas à concevoir que d'autres possibilités existent. Des éléments bien plus complexes que la volonté de maigrir ou le désir de suivre la mode donnent naissance à la maladie et l'entretiennent. En thérapie, on l'associe souvent à un mécanisme de défense, une béquille, au même titre que peuvent l'être l'alcool pour l'alcoolique et la drogue pour le toxicomane. Là où ça se complique, c'est que dans notre cas, on ne peut pas se passer de la nourriture pour vivre. Il faut réapprendre à s'alimenter sainement, à réintégrer cette notion non seulement comme une nécessité, mais aussi comme un plaisir. Il faut dissocier l'utilisation malsaine que l'on a l'habitude d'en faire de celle qu'il est "normal" d'adopter. Manger pour vivre, se gâter, stimuler les hormones, émotions et humeurs versus ne pas manger pour stopper les effets émotifs des montagnes russes hormonales et engourdir la douleur causée par d'autres facteurs, devenir zombie, apathique, contrôler quelque chose quand on a l'impression de ne plus rien contrôler ailleurs. À toutes ces personnes qui croient comprendre, mais qui ne se renseignent pas et qui ne l'ont jamais fait, qui réduisent les causes de l'anorexie à la simple volonté d'être mince et de porter les vêtements dernier cri, je dis : fermez-là! Cessez de croire que vous détenez la vérité sur une réalité que vous n'avez jamais frôlé de près ou de loin ou sur laquelle vous ne vous êtes jamais réellement renseignés. Et écoutez les bonnes personnes. Tendez l'oreille, soyez attentifs et ouverts.

Enfin un article qui ouvrira peut-être les yeux du monde sur ces causes incomprises. Pourquoi arrêter de s'alimenter à huit ans? Pour avoir l'air de la mannequin de quatorze? Ce ne serait pas plutôt par crainte de vieillir, comme le mentionne la journaliste. Et comment expliquer cette crainte dans le monde d'aujourd'hui? Une nouvelle étude voit le jour justement pour revenir sur les causes de l'anorexie, qui n'expliquent plus la problématique telle qu'on la constate maintenant.

On y parle aussi des contrecoups du discours antiobésité. Un sujet qui, heureusement, fait de plus en plus jaser. Quels types de relations sommes-nous susceptibles de développer avec la nourriture quand on nous bombarde de parts et d'autres d'avertissements des dangers de tel ou tel gras, de tel ou tel sucre et ainsi de suite? Qu'en est-il des enfants qui grandissent dans des familles où l'on ne se nourrit que de lait écrémé, de yogourt 0% de M.G. et où l'on base le discours santé sur une culture alimentaire restrictive? D'après vous, la petite (ou le petit) issue d'un tel milieu et devant qui, lors d'une fête d'enfants, on dépose un copieux morceau de gâteau au chocolat sera-t-elle envahie par un sentiment de plaisir ou une vive émotion de crainte?
Merci au journal Le Devoir.

17 février 2006

Trouver et lâcher prise

Et créer l'équilibre entre les deux. Autant autrefois j'ai pu être timorée, portée à éviter les contacts, à les craindre surtout, autant aujourd'hui, je fonce les yeux fermés et je ne cesse de provoquer des occasions de rencontres, de plaisirs, de contacts avec l'Autre, amie, amant, frère, soeur. Du temps perdu à rattraper. Du temps seule à oublier. Un besoin de me sentir vivante, d'enfouir la solitude bien loin, de ne pas penser qu'au fond, elle subsiste. Malgré tout. Je perds l'équilibre. La balance chavire d'un côté comme de l'autre, d'un jour à l'autre. J'ai mal au coeur, ça tourne pas toujours rond.

La prise, je la trouve. Je la tire vers moi. Elle vient presque chaque fois. Elle se laisse faire, se laisse bercer par ma bonté, depuis que j'ai appris à donner. Que j'ai appris que donner donne. Mais donne-t-il vraiment? Pas toujours, je le sens. La prise n'a pas toujours bon goût. Faut la lâcher. Lâcher prise. Une notion que je n'ai pas encore comprise. Je persiste, assaisonne, essaie du piquant, ouvre pour voir mieux, soulève pour scruter profond. Je tiens fort, tire et tire seule parfois. Épuisement. Souffle.

Choisir sa prise... Lâcher quand elle ne prend guère. Quand ça goûte moins bon. Chercher aussi à combler le besoin, l'envie d'être soi-même une bonne prise pour l'Autre. J'ai parfois besoin qu'on me prenne aussi.

13 février 2006

Jeans porte-bonheur

Depuis plusieurs semaines, le matin, je prends d'interminables minutes pour choisir quoi porter, et, évidemment, j'opte toujours pour le même morceau porté mille fois, parce que je ne suis plus à l'aise dans rien. Je ne crois pas être une victime de la mode, mais enfiler mon pull tant adoré et constater qu'il est couvert de petites moumousses indécrottables a de quoi exciter mes fibres magazineuses.

Armée de la plus grande confiance en ma beauté naturelle, prête à affronter les vendeuses les plus tenaces ou les plus condescendantes et à tolérer la chaleur sous mon manteau de duvet de canard, coincée dans des cabines d'essayage trop étroites et à l'éclairage souvent loin d'être flatteur, j'ai arpenté les rues, boutiques et centres commerciaux montréalais toute la fin de semaine. Et mes efforts ont porté leurs fruits: outre plusieurs morceaux mignons à bas prix, j'ai mis la main sur une paire de jeans qui promet de voir beaucoup de pays elle aussi!

Bref, tout cela pour dire que trouver des  jeans qui semblent avoir été conçus  pour épouser son corps à soi et pas un autre remonte incroyablement le moral. Depuis l'achat dudit morceau, je rayonne, je me sens bien. J'ai même moins d'obsessions alimentaires depuis deux jours. Quand je me regarde dans la glace, je me trouve joliment attirante... et le plus beau là-dedans, c'est que je n'ai pas besoin de me le faire dire par d'autres pour le croire vraiment...

18 janvier 2006

Taire ou ne pas taire le trouble

Dans les montagnes russes, tantôt on crie, tantôt on retient son souffle. On a peur, puis on se sent soulagé. Le trouble est ainsi fait. De haut, de bas, de sinuosités insoupçonnées. Un jour, il nous crie au visage, on trouve à peine l'énergie de suivre son rythme. Le jour suivant, on ne le perçoit plus, mais on sent qu'il se cache, on ne sait pas ce qu'il mijote, ce qui nous attend au bas de la montagne. Dans mon cas, inutile de poser la question. Que j'ignore le trouble ou non,  qu'il m'entraîne vers le haut ou le bas, je ne le nie pas : il est toujours bien là, en moi.

Mais j'ai cessé de le partager. Personne n'en entend parler. Il fait du bruit pourtant, présent dans...
les aliments que je continue de fuire
les nuits de sueur occasionnelles
les fixations corporelles, les obsessions
la solitude des tourments, des reproches
la jouissance de la faim
les élans d'autodestruction
la prison des miroirs
la crainte des imprévus bouleversants
l'incontournable rituel du soir
les vêtements que ma peau rejette
et le combat du prochain repas.

Je n'en parle plus parce que je n'ai plus rien à dire. Le sujet m'épuise. Alors comment agir? Quelles actions prendre? Quoi faire pour totalement m'en départir? Existe-t-il d'autres moyens que la réflexion, l'introspection, l'analyse de soi, les aveux, les révélations, les sanglots, les visites chez le médecin? Y'en a marre à la fin!

8 janvier 2006

Si loin, si proches

J'ai longtemps pensé que je pouvais tout dire, et que quoi que je pense, quoi que je fasse, l'opinion qu'ont certaines personnes de moi ne changerait jamais.

Seulement, davantage maintenant qu'avant et pendant le trouble, je ressens de curieux malaises dans mes conversations. Je n'arrive pas encore à saisir ce dont il s'agit. Je crois sincèrement qu'avec certains, j'étais sur une meilleure longueur d'ondes quand je m'efforcais de leur plaire et que je taisais un peu trop qui j'étais. Plaire à tout le monde, à n'importe quel prix. Prétendre aimer telle ou telle chose, vivre telle ou telle émotion et s'oublier quelque part entre telle ou telle opinion.

Même si je ne l'adoptais pas volontairement, j'endosse pleinement aujourd'hui la responsabilité de cette attitude. À cause d'elle, j'ai entretenu pendant de nombreux mois, voire des années, de faux rapports avec les gens; des rapports basés en partie sur une personnalité qui ne m'était pas entièrement fidèle. J'en vis aujourd'hui certaines des retombées. Révéler ma vulnérabilité, ouvrir le grand livre de mes chagrins et en raconter tous les chapitres sans hésitation ni censure sont des actions que je ne regretterai jamais avoir prises, car sans elles, je ne m'en serais pas sortie. En revanche, ces mêmes actions rendent incertaines la crédibilité et la confiance que l'on m'accorde quant à ce qui me concerne directement : ma santé (mentale, surtout), mes intérêts, mes réflexions, mes opinions. Un doute s'installe dans les yeux de plusieurs... Est-elle sincère? Va-t-elle bien? Sait-elle vraiment dans quoi elle s'embarque et de quoi elle parle? Me joue-t-elle la comédie? Quel genre d'activité est-ce cela?

Et si à l'origine de ces questionnements se trouvait celle que je n'ai jamais osé dévoiler? Celle que j'ai enfouie par peur de toutes ces questions muettes? Aujourd'hui, je le vois bien qu'il n'est pas facile d'être soi-même, de croire en soi et en la valeur que l'on porte. C'est la vérité parfois qui choque. Je ne suis pas prête à ignorer de nouveau qui je suis. Pas question, alors qu'ils causent toujours...

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