16 mai 2006

C'était il y a un an

Il y a un an cette semaine, le 16 mai dernier, nous nous séparions après huit mois d'union. Un mois plus tard, j'en faisais un billet. Vous souvenez-vous de cette soirée et de celles qui l'ont précédée? Quel souvenir le plus précieux en gardez-vous? Peut-être avons-nous le même? Vous arrive-t-il d'y penser? Encore aujourd'hui, je garde en moi trois moments clés issus de ces huit mois de confidences, de rires, de larmes, d'amour et de déchirements.

Premier moment clé
Tania parle doucement, nous invite à la détente et à tendre l'oreille. Nous sommes étendues les unes contre les autres, prêtes à accueillir ce qui s'en vient, ce que nous sommes sur le point de découvrir en nous, mais nous sommes apeurées de ne rien y trouver, de faire face au vide. La musique commence. Sinead émet quelques sons; j'entends des enfants qui rient. Je revis maintenant le moment d'alors tant son souvenir est frais dans mes pensées; il ne me manque que vos mains à serrer. Ce jour-là, j'ai senti en moi cette présence, cette chose qui m'habite, qui dort, qui prend soin de moi, peu importe ce qui se passe dehors. Cette chose, ce tendre velours me protège, me connait, m'aime. Ce jour-là, j'ai eu confiance que tout allait bien aller.

Deuxième moment clé
La thérapie par la musique m'a beaucoup fait réagir. J'en sens encore les effets et, aujourd'hui même,  j'y ai recours. Je ne pourrais trouver meilleur exemple pour illustrer ce propos que mon écoute quasi hebdomadaire encore de ce morceau. Il symbolise pour moi nos huit mois : That I would be good, de Alanis. Dans cette chanson, dans ces paroles, tout y est pour moi. Tout est dit, il ne reste plus rien après. Assises par terre les yeux fermés, nous formons un cercle, je me souviens. Les paroles entrent en moi comme une vague énorme, plus forte que tout le mal. Une vague envoûtante, qui déchire le voile qui me cache. Je suis bonne, quoi qu'il arrive. Je suis bonne, même si je prends dix livres. Je suis belle, quoi qu'il arrive. Je suis belle, même si ma chevelure se fait fugitive. Quoi qu'il arrive.

Troisième moment clé
Moment critique s'il en est un. Celui-là m'a marquée à vie. Il représente un tournant dans ma thérapie. À mon arrivée ce soir-là, je n'en pouvais plus de garder toute cette laideur en moi. Je n'avais plus d'autres choix. Aussi ai-je prononcé les mots laids, honteuse. Honteuse de mon geste. Honteuse de ce qu'il aurait pû causer. Honteuse même d'être encore là pour pouvoir en parler. Et je vous ai présenté mes excuses parce que je vous crachais toute cette laideur. Et c'est toi, Claudie qui, sans me quitter du regard, avec moi, près de moi dans mon univers noir, sans t'en éloigner malgré son emprise, sa douleur, m'as dit que nous n'étions pas ici pour parler des belles choses... En quelques mots simples, tu as réussi à sauver la naufragée que je m'apprêtais à devenir. J'ai senti ta main me secourir. Et je la sens toujours. Les autres aussi.

Posté par Alazia Poo à 19:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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