17 décembre 2005

Hiberner

N’est-il pas facile de se confiner dans le confort douillet de son chez-soi tout l’hiver, et de mettre notre isolement sur la faute du froid, des vents, et des trottoirs enneigés et glacés? Notre solitude ne nous paraît-elle pas moins chronique, moins personnellement et intimement imprégnée en nous? Nécessairement, on s’imagine que tous font de même. La main plongée dans le bol de maïs soufflé, on arrive presque à oublier qu’à la fin du film, on n’aura personne à qui parler, tandis qu’ailleurs, dans le confort d’un autre salon, sur un autre canapé, enlacés, des amoureux s’attendrissent des mésaventures de Harry Potter, le sorcier.
L'arrivée du beau temps, la fin de l'hiver, suscite pour la majorité des gens la fébrilité, le soulagement, d'enfin sortir d'une longue hibernation forcée. Mis à part, bien entendu, pour les skieurs et compagnie.  Dans les rues, sur les terrasses, au marché, partout, l'appel de la chair et l'ivresse de l'été se manifestent par les échanges de regards anonymes et complices, de sourires éphémères mais sincères...
Cette fébrilité ne m’est pas inconnue; j’entends l'appel du soleil, je ressens mon besoin de vitamine D, l'envie de la brise sur ma peau. J'en retire beaucoup de sérénité... jusqu'à ce je croise les mains enlacés d'un couple marchant dans le parc, puis sur le trottoir, et dans une allée de l'épicerie, dans l’autobus. Il me satisfait aujourd’hui de constater que rien n’arrive jamais tout à fait à éteindre la flamme qui m’habite ou à mettre un frein à l’élan vers la vie que j’ai acquis dans la dernière année. Mais la vie à deux me manque, pour autant que je puisse me souvenir de ce que c’est… J’ai finalement accepté qu’il m’aurait été impossible avant maintenant de vivre sainement en relation, que les années ont passé et que je n’ai pas, comme je le pensais auparavant, pris du « retard » en matière d’« amour ». J’ai plutôt avancé jusqu’à un point de maturité que peu de gens se donnent la peine ou le temps d’atteindre. Je suis fière de moi. Je me revois l’année dernière, ou il y a deux ans, et même avant, et je suis touchée par les changements qui se sont opérés en moi. Par mes propres pensées et émotions, autrefois de nature autodestructive et malsaine, qui sont tranquillement devenues généreuses et compréhensives à mon propre égard.
Force est de constater tout de même que j’avance en âge… et que mes rêves d’aimer et d’être aimée, et de fonder une famille s’estompent au fur et à mesure que les aiguilles tournent… Ça me rends triste ces jours-ci, et le soleil n’arrive pas toujours à consoler mes moments de pluie.

Posté par Alazia Poo à 19:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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